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  <title>Patrice Beghain</title>
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  <title>Histoires de collections ou collections d’histoires ?</title>
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  <dc:subject>Culture</dc:subject>
  <description>La parution du premier catalogue exhaustif des collections du Musée d’art contemporain de Lyon (mac) et la présentation par le Musée des Beaux-Arts (MBA) de sa collection d’art moderne dans le cadre d’une exposition temporaire, qui en renouvelle la vision, offrent une belle occasion de...</description>
  <content:encoded><![CDATA[ <p>La parution du premier catalogue exhaustif des collections du Musée d’art contemporain de Lyon (mac) et la présentation par le Musée des Beaux-Arts (MBA) de sa collection d’art moderne dans le cadre d’une exposition temporaire, qui en renouvelle la vision, offrent une belle occasion de réflexion aussi bien sur les continuités et les ruptures qui marquent l’histoire de l’art aux 20e et 21e siècles que sur la notion même de collection et… de musée.
Si la création du mac s’est d’abord faite, en 1984, au sein même du Musée des Beaux-Arts, il a tout de suite affirmé son autonomie sous l’appellation Saint Pierre Art Contemporain. Cette revendication d’indépendance, qui trouvera son aboutissement en 1995 avec l’installation dans le bâtiment de Renzo Piano à la Cité internationale, n’est pas tant administrative qu’esthétique.  Dans un entretien qui ouvre le catalogue, Thierry Raspail, fondateur et toujours directeur du Mac, annonce clairement…la couleur&nbsp;; pour lui une collection d’art contemporain est avant tout une série de formes «&nbsp;qui rendent visible une “problématiqueˮparticulière puisée dans une œuvre individuelle »&nbsp;: une collection d’art contemporain est la conservation d’une suite de «&nbsp;moments-expositions », elle «&nbsp;raconte des histoires singulières ». A l’inverse, le musée traditionnel, caractérisé par une succession de salles organisées selon un parcours historique, serait incapable de rendre compte de la «&nbsp;temporalité spécifique » de l’œuvre d’art, inscrite d’une certaine façon dans un discours qui, visant à faire Histoire, est une sorte de «&nbsp;fiction », qui l’utilise à d’autres fins que sa propre visibilité.
De fait l’architecture même du mac est à l’opposé de la structure habituelle du musée&nbsp;: «&nbsp;l’espace doit être asservi à l’œuvre, et non l’inverse »&nbsp;; les grands plateaux permettent de créer, pour chaque exposition, un espace nouveau, presque totalement au service de l’artiste et de son projet. Au fil de vingt-cinq ans d’activité, et, plus particulièrement, depuis 1995, chacun a pu effectivement juger de la pertinence du projet et, dans la suite des expositions, de l’intelligence et de l’à-propos avec lesquels les artistes ont pris possession des lieux, avec énergie et jubilation. Cette conception du musée comme lieu de production s’est en outre conjuguée avec une logique tout à fait originale dans la constitution de la collection. Les acquisitions, le plus souvent effectuées à l’occasion des expositions, ne visent,  en aucune façon, à former un ensemble exhaustif, de toute façon, impossible à constituer&nbsp;: le musée n’a pour ambition que d’être la mémoire de sa propre histoire&nbsp;; il est, à cet égard, substantiellement contemporain.
Le catalogue, fort volume de 657 pages, constitue comme la chronique de cette aventure, à laquelle nous pouvons confronter nos propres souvenirs et nous remémorer des moments souvent exceptionnels&nbsp;; quarante-sept notices détaillées, judicieusement illustrées, rendent compte de cette «&nbsp;collection d’expositions », selon la formule significative de Thierry Raspail, le reste de la collection – acquisitions des débuts ou dons d’artistes reconnaissants ou soucieux de leur cote – étant renvoyé en annexe.
A priori l’exposition conçue au Musée des Beaux-Arts par Sylvie Ramond, sa directrice, s’inscrit dans une autre histoire. On a souvent stigmatisé, par comparaison avec les politiques menées à Grenoble ou à Saint-Étienne, le conservatisme des politiques menées durant le 20e siècle à Lyon, qui avait su être précurseur pour les impressionnistes. De fait si l’inamovible Édouard Herriot, maire de Lyon de 1905 à 1957a le plus souvent freiné, malgré sa culture, les élans modernistes de la commission du musée, l’acharnement de quelques enthousiastes, comme le critique René Deroudille, a eu, à plusieurs reprises, raison des réticences municipales, comme à l’occasion de l’acquisition en 1948 d’un portrait d’Albert Gleizes et surtout en 1956 de Paysage blond de Dubuffet, la première toile de l’artiste à entrer dans une collection muséale. Des dépôts de l’État et du Musée national d’art moderne, des dons et des legs, quelques acquisitions n’auraient néanmoins pas fait une collection d’art moderne, si n’était intervenu, après sa mort accidentelle, en 1997, le legs exceptionnel de Jacqueline Delubac&nbsp;: un nouveau Dubuffet, deux Picasso – dont un chef-d’œuvre, Femme assise sur la plage – deux Rouault, deux Wifredo Lam et deux  Bacon, dont l’exceptionnelle Étude pour une corrida.
Comme on le voit, conjonction de décisions, d’opportunités et de dons, une telle collection – au demeurant la seconde collection d’art moderne française, derrière celle du Centre Pompidou – entérine l’actualité artistique, alors que celle du Mac, d’une certaine façon, tente de la créer. Les responsables actuels du MBA n’y sont évidemment pour rien et même certains de leurs prédécesseurs, en quelques occasions, comme pour l’achat d’un Gauguin en 1913, ont su montrer leur réactivité à l’art contemporain&nbsp;; il nous faut accepter que, pendant près de deux siècles, les musées, du fait, entre autres, des circonstances qui ont présidé à leur naissance et de l’approche pédagogique et historiciste qu’ils ont privilégiée, se sont le plus souvent trouvés coupés du mouvement artistique qui leur était contemporain.
L’intérêt de l’exposition actuelle du MBA consiste précisément dans le fait qu’elle actualise d’une certaine façon cette collection. L’accrochage conçu par Sylvie Ramond ne se contente pas d’en prendre acte&nbsp;; le titre choisi, Les Modernes s’exposent au Musée des Beaux-Arts de Lyon, rend tout fait au compte de  ce parti dynamique. Les choix de la commissaire, ce qu’elle retient et… ce qu’elle écarte (on peut regretter qu’elle n’ait pas tenté, à une ou deux exceptions près, d’insérer quelques artistes «&nbsp;lyonnais » dans ce parcours, ne serait-ce que pour les sortir de leur «&nbsp;lyonnitude ») sont certes déterminants&nbsp;; revisitant la collection, enrichie pour la circonstance de quelques emprunts, elle fait plus que proposer une histoire – son  histoire – de l’art du 20e siècle.
A sa façon, comme Thierry Raspail avec la collection du mac, elle propose une histoire de la relation du MBA avec l’art du 20e siècle, subtilement racontée dans un parcours ouvert, où le regard  n’est jamais prisonnier de la scénographie. La distribution des œuvres ne  se veut pas didactique, mais interrogative&nbsp;; rien ici n’est imposé, beaucoup est suggéré&nbsp;: à chaque visiteur, s’il le veut, de se construire sa propre mémoire. Ici aussi, nous sommes conviés à entrer dans ce que Thierry Raspail appelle des  «&nbsp;moments-expositions »&nbsp;; il y en a vingt-cinq. Au fond un musée ne raconte jamais que son histoire, l’histoire de sa collection.
Patrice Béghain</p>]]></content:encoded>
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  <title>Lyon et Google</title>
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  <dc:subject>Agenda culturel</dc:subject>
  <description>La remise du rapport Tessier fournit à nouveau l'occasion à certains de critiquer l'accord passé entre la Ville de Lyon et Google, que je suis fier d'avoir initié en 2007 avec Patrick Bazin, le directeur de la Bibliothèque municipale de Lyon, grâce au soutien de Gérard Collomb. Il convient...</description>
  <content:encoded><![CDATA[ <p>La remise du rapport Tessier fournit à nouveau l'occasion à certains de critiquer l'accord passé entre la Ville de Lyon et Google, que je suis fier d'avoir initié en 2007 avec Patrick Bazin, le directeur de la Bibliothèque municipale de Lyon, grâce au soutien de Gérard Collomb. Il convient donc à nouveau de dénoncer quelques contre-vérités. L'accord ne concerne que les documents antérieurs à 1900, donc la question du droit d'auteur ne se pose pas. L'accord spécifie que Google  remet une copie des documents numérisés à la BM de Lyon, qui peut les utiliser sur son propre site; Google vient même d'accepter que la BM puisse partager ces fichiers avec d'autres sites publics, ce qui rend caduque la polémique sur l'exclusivité et sa durée, qui ne concerne que d'autres opérateurs privés, qui n'avaient qu'à se porter candidats à l'appel d'offres. Enfin l'accord n'engage aucun centime d'argent public,tandis qu'il faudra quand même régler les intérêts des 750 millions obtenus, dans le cadre du "grand" emprunt, par le ministère de la culture, qui semble au reste ne les destiner qu'à ses propres institutions, sans prendre en compte l'apport spécifique des fonds patrimoniaux des collectivités territoriales.</p>]]></content:encoded>
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  <title>MK vs FM</title>
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  <dc:date>2009-09-10T15:27:08+02:00</dc:date>
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  <dc:subject>Culture</dc:subject>
  <description>M. Karmitz "complémentaire"de M. Mitterrand, supplétif ou ... simple bouffon du roi?</description>
  <content:encoded><![CDATA[<p>M. Karmitz "complémentaire"de M. Mitterrand, supplétif ou ... simple bouffon du roi?</p> <p>Enfin! La révélation aujourd'hui des propositions de M.Karmitz va permettre de "mettre en oeuvre une politique culturelle d'envergure pour le temps présent et l'avenir"; même Jack Lang n'aurait pas osé! Oublions le fait qu'on se demande ce que fait le ministère de la culture et mettons entre parenthèses ce que font depuis tant d'années les régions et les villes&nbsp;; allons y voir!
1)"Rendre visible l'inventivité de la jeunesse": c'est le temps de la parousie; la "jeunesse" va révéler sa créativité, car la "jeunesse" porte en soi la créativité, il suffit de lui donner les moyens de la manifester. On attendait M. Karmitz et M. Hirsch. Chaque jour des dizaines de grandes écoles artistiques forment de jeunes artistes - ce qui est différent de la "jeunesse", des dizaines de lieux de spectacles et d'exposition les accueillent, avec ou sans l'aide de l'Etat. Mais ne boudons pas notre plaisir, s'il y a de l'argent en plus de l'Etat, ce sera toujours cela de pris!
2)"Faire de Paris la capitale mondiale de l'art": s'il suffit de "mettre en synergie" quelques musées autour de Chaillot, l'ambition est limitée! Et n'oubliez pas Lille, Nantes et... Lyon, car pour Paris on a déjà donné!
3)"Culture en commun en Seine-Saint-Denis": louable, infiniment louable, sauf que les "formes précaires" de présence culturelle, c'est bien sûr pour les banlieues; le dur et le pérenne, c'est pour Paris!
4)"Orchestres de jeunes en quartiers sensibles": à l'initiative de l'Orchestre de Paris et de la Cité de la musique... Et Lille, Nantes et... Vénissieux? A la charge des pouvoirs locaux bien sûr!
5)"Ecole de cinéma nomade": bien sûr tous les jeunes ont un premier film dans leur sac à dos, c'est tellement facile! Quant à la "péniche ancrée au pied des cités", encore fait-il qu'il y ait de l'eau qui y coule!
6)"Soutien au Centre Pompidou mobile": Et les Frac à quoi ça sert? Si l'Etat les aidait davantage, ce serait mieux et moins cher!
7)"Diffusion d'opéras dans les Théâtres publics": à Lyon, on sait faire, on n'a pas attendu MK!
8) "Visites virtuelles de musées": franchement, les visites réelles, c'est tellement mieux!
9)"Cinémathèque de l'étudiant": franchement, le cinéma en salle - n'est-ce pas MK, dont les DVD coûtent si cher - c'est tellement mieux!
10)"Mieux diffuser la création et la pensée française à l'étranger": Vaste programme, dont M. Kouchner pourrait s'inspirer et pas seulement pour la promotion par le numérique. Que vient faire Guy Walter, qui a pris de belles initiatives dans ce domaine, dans cette galère?</p>


<p>Pardonnez-moi, MK, d'être un peu négatif, mais tout cela est ridicule et témoigne d'une absence totale de connaissance des réalités de l'action culturelle publique; c'est vraiment "Vu de Paris"!</p>]]></content:encoded>
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  <title>Le résultat des élections européennes vu de mon village</title>
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  <dc:date>2009-06-08T10:38:24+02:00</dc:date>
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  <dc:creator>patrice beghain</dc:creator>
  <dc:subject>Politique</dc:subject>
  <description>Les commentaires à chaud des élections européennes me laissent pantois! Que le PS comme la plupart des partis sociaux-démocrates européens ait subi une défaite c'est l'évidence; ils vivent aujourd'hui, faute de réforme des pratiques politiques et de révision programmatique, ce qu'ont vécu...</description>
  <content:encoded><![CDATA[ <p>Les commentaires à chaud des élections européennes me laissent pantois! Que le PS comme la plupart des partis sociaux-démocrates européens ait subi une défaite c'est l'évidence; ils vivent aujourd'hui, faute de réforme des pratiques politiques et de révision programmatique, ce qu'ont vécu après la chute du mur de Berlin les partis communistes européens; il est donc temps de réagir! Que l'écologie politique ait remporté un grand succès, c'est une autre évidence; les raisons sont multiples: charisme de DCB, clarté du positionnement européen, réaction profonde de l'opinion sur les questions environnementales,etc. ... Qu'en termes strictement électoraux, l'UMP rafle la mise,c'est aussi évident, puisqu'elle fait plus que doubler son nombre de députés. Mais cette élection est aussi une défaite de la droite: la gauche et les Verts envoient en France au Parlement européen une majorité de députés. Cette élection marque donc un rejet majoritaire de la politique du président de la République; la seule question - et elle est coton - est de transformer ce rejet en adhésion à un pacte social, écologique et culturel qui l'emporte dans les prochaines consultations nationales: c'est un mandat clair qu'une majorité d'électeurs - en tout cas ceux qui se sont exprimés - ont donné aux partis de gauche et d'écologie politique. C'est aussi une belle espérance!</p>]]></content:encoded>
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<item rdf:about="http://www.patricebeghainlyon.com/index.php/2009/04/14/47-juliette-recamier">
  <title>Juliette Récamier</title>
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  <dc:date>2009-04-14T15:53:39+02:00</dc:date>
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  <dc:creator>patrice beghain</dc:creator>
  <dc:subject>Agenda culturel</dc:subject>
  <description>A l'occasion de l'exposition consacrée à Juliette Récamier par le Musée des Beaux-Arts de Lyon, je vous livre la notice que j'ai rédigée pour le Dictionnaire historique de Lyon qui paraît le 14 mai aux Editions Stéphane Bachès.</description>
  <content:encoded><![CDATA[<p>A l'occasion de l'exposition consacrée à Juliette Récamier par le Musée des Beaux-Arts de Lyon, je vous livre la notice que j'ai rédigée pour le Dictionnaire historique de Lyon qui paraît le 14 mai aux Editions Stéphane Bachès.</p> <p>RÉCAMIER Jeanne-Françoise-Julie-Adélaïde dite Juliette
Lyon, 1777 – Paris, 1849.
Elle a été aimée par certains des hommes d’esprit et de plume les plus illustres de son temps, par les plus grands noms d’Europe, mais elle n’a sans doute aimé, au point de désirer en mourir qu’un fier et bel Hohenzollern et ne s’est – peut-être – donnée à plus de quarante ans qu’à un cinquantenaire avide de femmes et affamé de pouvoir&nbsp;; elle a été peinte ou dessinée par les plus grands artistes, mais c’est un obscur portraitiste genevois qui a peut-être le mieux saisi sa grâce et sa sensualité&nbsp;; elle est la Lyonnaise la plus célèbre, mais elle a passé le plus clair de sa vie à Paris, sauf quand Napoléon* l’en eut exilé, et représente une figure accomplie de la Parisienne&nbsp;; elle aurait pu être la rivale de la femme la plus en vue d’alors, elle a été son amie la plus chère, malgré les coquetteries, parfois sérieuses, qui ont pu les séparer&nbsp;; les plus grands écrivains – qui l’ont aimée – ont eu à cœur, sous son regard attentif, d’écrire sa vie, mais longtemps le récit qui fit autorité fut celui de sa fille adoptive, attentive à laisser dans l’ombre ce qui semblait malséant. Quand d’autres femmes sont entrées dans l’histoire par des destins éclatants ou par des existences tragiques, inscrits dans leur naissance ou liés aux circonstances de leur vie, elle affiche quant à elle une perpétuelle égalité d’humeur&nbsp;; au milieu d’un cénacle, qui vit en permanence comme dans un théâtre, où l’on joue alternativement la comédie des sentiments et la tragédie des passions, elle offre l’apparence sereine d’une mélancolie paisible.  «&nbsp;Une femme de nos jours est parvenue à la célébrité sans l’avoir cherchée en aucune sorte », écrit superbement Ballanche*, chroniqueur précis et chevalier servant&nbsp;; «&nbsp;une femme de nos jours » ˗ dans  l’ambiguïté syntaxique, l’essentiel est dit&nbsp;: dégagée de l’influence du temps, pour mieux incarner son époque, Juliette Récamier, grâce à un savant contrôle de son image et à la diffusion de versions maîtrisées de sa vie, personnifie, pour les premières décennies du 19e siècle, la femme moderne. Alors, une star&nbsp;? Malgré elle&nbsp;? Peut-être&nbsp;! A ceci près qu’aujourd’hui elle serait la proie des paparazzi et l’aubaine des magazines people, tandis qu’au 19e siècle, ses biographes s’appellent Constant et Chateaubriand, ses peintres David et Gérard, ses sculpteurs Canova et Chinard. Question de style&nbsp;? Précisément&nbsp;! Le style Récamier.  Juliette Bernard est née à Lyon, rue de la Cage, à l’emplacement de l’actuelle rue de Constantine, le 3 décembre 1777, dans une famille aisée&nbsp;; son père, Jean Bernard (v.1748-1828) est notaire, sa mère Marie (v.1756-1807) est la fille d’un bourgeois de La Guillotière, où ils se sont mariés en 1775. En 1786 ses parents quittent Lyon pour Paris, où Jean Bernard est nommé receveur des finances&nbsp;; ils laissent Juliette, qui bientôt entre en pension chez les Bénédictines* de la Déserte, où une de ses tantes est religieuse&nbsp;; elle gardera de cette période le souvenir d’ «&nbsp;un vague et doux rêve, avec ses nuages d’encens, ses cérémonies infinies, ses processions dans les jardins, ses chants et ses fleurs ». Bientôt ses parents la font venir à Paris, où ils mènent grand train, recevant dans leur hôtel particulier de la rue des Saints-Pères leurs amis lyonnais, Pierre-Édouard Lemontey (1762-1826), futur député du Rhône et Loire, et futur académicien, Camille Jordan*, Joseph-Marie de Gérando*, sans oublier un ami de toujours de la famille, le négociant et banquier Jacques-Rose Récamier (1751-1830), qui le 24 avril 1793, à l’âge de quarante-deux ans, épouse Juliette, qui n’a pas seize ans. Sur cet étrange mariage, dont il est établi par les contemporains qu’il n’a pas été consommé, on a tout écrit&nbsp;; l’hypothèse aujourd’hui retenue, mais qui demeure fragile, une fois écartée l’insinuation perfide de Mérimée (1803-1870) quant à une malformation physique de Juliette, est que Jacques Récamier, ayant été l’amant de  madame Bernard, il lui paraît raisonnable, dans une période troublée, où ses activités financières, proches de l’agiotage, peuvent le mener à l’échafaud, d’assurer à celle qui est peut-être sa fille naturelle, par un contrat de mariage avantageux, la transmission de sa fortune. Après Thermidor les affaires de Récamier prospèrent&nbsp;; il ouvre officiellement un comptoir bancaire, loue un château à Clichy, où le couple reçoit&nbsp;; déjà le vieil écrivain Jean-François La Harpe (1739-1803) est amoureux d’elle et un neveu de son mari, Paul David (1778-1860), qui lui restera fidèle toute sa vie, lui fait une cour assidue. Joseph Chinard*, reçu par les Récamier, exécute une petite terre cuite qui, avec une autre esquisse de 1801-1802, lui servira à réaliser un buste en marbre vers 1805-1806. Fin 1798 Récamier achète à Jacques Necker (1732-1804), par l’intermédiaire de sa fille Germaine de Staël (1766-1817), un hôtel situé rue du  Mont-Blanc (auj. rue de la Chaussée d’Antin)&nbsp;; c’est la première rencontre entre celles qui, malgré les rivalités amoureuses, seront les meilleures amies et les deux femmes les plus célèbres de leur temps, «&nbsp;l’énergie tempérée par la grâce », selon l’expression de Ballanche*. Décoré par Charles Percier (1764-1838) et Pierre Fontaine (1762-1853), meublé par François-Honoré Jacob (1770-1844), qui seront bientôt sollicités par le nouveau pouvoir, l’hôtel de la rue du Mont-Blanc, dont le couple prend possession à la fin de 1799, devient, dans un décor qui crée un style, où domine le goût de l’antique,  un des foyers de la vie mondaine du Consulat, en alternance avec la résidence de Clichy qui sert l’été. A vingt-et-un ans, Juliette, belle et riche, comme une jeune déesse qui fait oublier les malheurs et les horreurs d’hier, commence à faire courir le Tout-Paris. Lucien Bonaparte (1775-1840), rencontré avant le 18 huit Brumaire qui le fait ministre de l’intérieur, tente, en vain, de prendre l’apparence de Roméo pour séduire Juliette&nbsp;; le jeune Eugène de Beauharnais (1781-1824), Bernadotte (1763-1844), Masséna (1758-1817) font assaut de galanterie&nbsp;; deux cousins germains, rentrés d’exil, Adrien de Montmorency (1768-1837) et Mathieu de Montmorency (1767-1826) sont aussi sous le charme&nbsp;; faute d’être aimés, ils deviendront des amis fidèles.  Le mythe est en marche&nbsp;; il convient de lui donner une figure susceptible d’être exposée au Salon&nbsp;; David, qui vient d’achever le portrait d’Henriette de Verninac (1780-1827), sœur aînée de Delacroix (1798-1863) et épouse de Raymond de Verninac*, préfet du Rhône,  en est tout d’abord chargé, puis abandonne et garde le portrait en l’état&nbsp;; Gérard est sollicité, propose un premier projet, mais n’achèvera qu’en 1805 le portrait, acheté par la Ville de…Paris en 1860. Tous les déplacements dans Paris, à l’Opéra, au Palais-Royal, de Juliette Récamier deviennent prétexte à  rassemblement&nbsp;; la curiosité est à son comble le jour de Pâques 1801, lorsqu’à l’occasion du rétablissement du culte, elle fait la quête à Saint-Roch, dont le curé, Claude-Marie Marduel (1747-1833), originaire  de Lyon, comme son oncle Jean Marduel (1695-1787), auquel il a succédé, est un ancien vicaire de Saint-Nizier*&nbsp;; toutes les journées ne sont pas aussi fastes&nbsp;; quelques mois auparavant, il lui a fallu mobiliser ses relations les plus élevées, pour obtenir, grâce à l’intervention de Bernadotte, l’élargissement de son père, emprisonné pour royalisme. Avec la marche vers l’Empire et les remous que suscitent les ambitions du Premier Consul, l’orage menace&nbsp;; en 1803, Germaine de Staël est bannie de Paris et se réfugie à Coppet&nbsp;; Juliette, malgré la sympathie de Fouché (1759-1820), qui tente, après la proclamation de l’Empire, de l’attirer à la Cour,  est surveillée&nbsp;; on lui reproche sa naïveté – en fait sa générosité – qui l’amène à recevoir des personnalités hostiles au régime et à rester en relation suivie avec Germaine de Staël, en faveur de laquelle elle intervient à plusieurs reprises. En 1805 la faillite de son mari lui fait tout perdre, sauf l’amitié de ses amoureux, son pouvoir de séduction, tel que l’éprouve le locataire de l’hôtel, le prince Alphonse Pignatelli ( ?-1807), grand d’Espagne, qui  mourra bientôt de la tuberculose, et, pour un temps, le rez-de-chaussée de son hôtel particulier, avant qu’il ne soit vendu&nbsp;; deux ans plus tard sa mère, dont elle est restée proche, disparaît, après avoir fait de Juliette sa légataire universelle, ce qui lui redonne une certaine aisance matérielle. Germaine de Staël, qui, revigorée par le succès de Corinne, multiplie les incursions en France, est contrainte de retourner à Coppet&nbsp;; de passage à Lyon en mai 1807, elle évoque «&nbsp;un lieu qui est une patrie pour vous et où l’on désire vivement de vous revoir ». Juliette se décide enfin au voyage de Coppet et quitte Paris au début de juillet avec le soupirant du moment, Elzéar de Sabran (1774-1846)&nbsp;; après un accident de voiture, elle parvient au château, au bord du lac, où la compagnie qui entoure Germaine de Staël mène une existence de perpétuelles vacances, à peine troublée par les fureurs du couple que forment la maîtresse de maison et Benjamin Constant (1767-1830). Dans la torpeur de l’été, Juliette y connaît sa première passion, à l’arrivée du prince Auguste de Prusse (1779-1843), neveu de Frédéric le Grand (1712-1786)&nbsp;; ils se promettent par écrit de tout faire pour s’unir&nbsp;; Juliette s’engage  à faire rompre son mariage&nbsp;; elle sera princesse royale de Prusse&nbsp;; c’est alors que le portraitiste genevois Firmin Massot (1766-1849) la saisit, bien différente des portraits de David et de Gérard, amoureuse et enfiévrée.  De retour à Paris, où elle reçoit de Berlin des lettres enflammées, Juliette doit prendre la décision la plus difficile de sa vie&nbsp;: le choix du bonheur et la perte de sa liberté&nbsp;; au printemps 1808 elle choisit d’envoyer à Berlin le portrait de Gérard&nbsp;; après avoir  écrit à son mari une lettre d’adieu,  elle s’apprête à se suicider&nbsp;; il semble que ce soit son cousin Brillat-Savarin (1755-1826) qui réussisse à l’en dissuader. Les années suivantes sont marquées par plusieurs séjours de Juliette, de plus en plus suspecte au régime, en raison de ses fidélités et de son attachement à Germaine de Staël, dans sa région d’origine&nbsp;; le 18 juin 1809 elle la rejoint d’ailleurs à Lyon, où elle est venue assister aux représentations du tragédien Talma (1763-1826) et séjourne avec sa compagnie à l’Hôtel de l’Europe&nbsp;; après un séjour à Aix-en-Savoie, on s’installe pour l’été à Coppet, où Juliette reçoit une lettre de rupture du prince Auguste, qui n’en cherchera pas moins par la suite à la revoir. Au printemps suivant, elle séjourne à nouveau à Aix et en profite pour renouer avec une de ses belles-sœurs  Récamier dans le Bugey&nbsp;; lors  d’une belle journée à Cressin, près de Belley, elle fait connaissance de sa petite nièce, Joséphine Cyvoct (1803-1893), qui, après la mort de sa mère, la rejoint et devient, avec le prénom d’Amélie, sa fille adoptive&nbsp;; ayant épousé en 1826 l’archéologue Charles Lenormant (1802-1859), elle sera la dépositaire vigilante de la mémoire de sa tante, publiant en 1860 un récit de sa vie, à partir de ses souvenirs et de sa correspondance. Durant l’été 1811 Juliette Récamier est frappée d’une mesure d’exil&nbsp;: «&nbsp;Madame Récamier née Juliette Bernard se retirera à 40 lieues de Paris »&nbsp;; elle s’installe d’abord à Châlons-sur-Marne, puis en juin 1812, ayant appris que Germaine de Staël a quitté Coppet pour l’Europe centrale et se sentant abandonnée, elle gagne Lyon. Elle descend à l’Hôtel de l’Europe, dont elle  sort peu, se livrant à de bonnes œuvres avec une autre de ses belles-sœurs Récamier&nbsp;; elle se lie avec une autre exilée, la duchesse de Chevreuse (1785-1813), qui se meurt de la tuberculose et qu’accompagne sa belle-mère, la duchesse de Luynes (1755-1830), également belle-mère de Mathieu de Montmorency, passionnée d’imprimerie. Dans le salon de madame de Sermézy*, elle fait la connaissance d’Artaud*, de Revoil* et de Richard*. Par l’entremise de Camille Jordan*, elle fait la connaissance de Pierre-Simon Ballanche*, alors sous le coup de sa rupture définitive avec Bertille d’Avèze (1787-1825), qui vient d’épouser Victor de Bonald (1780-1871), un frère aîné de l’abbé de Bonald*, le futur archevêque&nbsp;; dès le lendemain de leur présentation Ballanche revient la voir&nbsp;; c’est, pour Juliette, le début d’une grande amitié et, pour le philosophe, du grand amour de sa vie, qui le conduira à attacher désormais ses pas à ceux de Juliette, qui, durant ce séjour, reçoit Auguste de Staël (1790-1827), le fils aîné de Germaine, qui vient mettre un terme à leur flirt. Au début du Carême 1813, elle quitte précipitamment Lyon, pour une raison que l’on ignore, peut-être la déception de la rupture avec Auguste de Staël ou quelque affaire sentimentale, et entreprend un voyage en Italie, dans un état dépressif, qui ne se dissipe qu’à son arrivée à Rome, où elle s’intègre rapidement à la société française et fait la connaissance du sculpteur Antonio Canova (1757-1822), qui se prend d’affection pour elle&nbsp;; Ballanche* l’y rejoint pour une semaine, puis fin 1813, elle gagne Naples, où elle est bien accueillie par les souverains et est témoin de la trahison de Joachim Murat (1767-1815) et de son ralliement aux Alliés. De retour à Rome, elle découvre les deux bustes qu’a sculptés Canova&nbsp;; ils ne lui plaisent pas, l’un d’eux deviendra la Béatrice, dont subsistent plusieurs versions. La nouvelle de l’abdication de Napoléon* l’amène à quitter Rome, au moment où Pie VII* rentre triomphalement dans sa ville. Elle est de retour à Paris à la mi-juin et y reprend son rôle&nbsp;; au début de l’été 1814, Chateaubriand (1768-1848) lit chez elle Les Aventures du dernier Abencérage, qu’il ne publiera qu’en 1826, devant un parterre prestigieux&nbsp;; le duc de Wellington (1769-1852), le triomphateur de la guerre d’Espagne, ambassadeur du Royaume-Uni, lui fait la cour&nbsp;; elle lui prête les lettres de Julie de Lespinasse* au comte de Guibert (1743-1790), d’une grande amoureuse à un grand stratège. La surprise vient de Benjamin Constant (1767-1830), qu’elle connaît depuis près de quinze ans, dont elle a suivi presque au jour le jour les démêlés sentimentaux avec Germaine de Staël et qui se déclare fou amoureux d’elle, tandis qu’elle reste de marbre. Au milieu des bouleversements politiques, elle retrouve en 1816 Germaine de Staël, mais c’est pour accompagner ses derniers mois, durant lesquels une autre aventure  commence&nbsp;: la liaison avec Chateaubriand, qui secoue le petit monde des habitués et qui correspond en outre à une nouvelle réduction du train de vie de Juliette Récamier&nbsp;; elle s’installe en octobre 1819 avec sa nièce, dans un petit appartement à l’étage, qu’elle quittera plus tard pour un autre, plus vaste, à l’Abbaye-aux-Bois, à l’angle actuel de la rue de Sèvres et du boulevard Raspail, un ancien couvent qui fait pensionnat et accueille des locataires&nbsp;; l’élève de Girodet, François-Louis Dejuinne (1784-1844) a peint l’intérieur de Juliette, dont une lithographie a diffusé l’image, avec le tableau de Gérard, Corinne au cap Misène, commandé par Auguste de Prusse et attribué par testament au Musée de Lyon*, ainsi qu’un buste de Canova, le piano forte, la bibliothèque et l’incontournable méridienne. La période est moins mondaine, mais plus sereine, grâce à la présence attentive d’Amélie Cyvoct, à la garde vigilante de Ballanche*, qui vit à Paris depuis 1817 et joue auprès de Juliette au directeur de conscience, et aux visites quotidiennes de Chateaubriand, quand il est à Paris&nbsp;; on n’est pas à l’abri d’une nouvelle tempête sentimentale, comme celle qui saisit à vingt ans le jeune Jean-Jacques Ampère*, qui n’obtiendra rien, mais en deviendra savant, car Juliette est amoureuse, comme en 1807, et elle l’écrit&nbsp;: «&nbsp;Il ne dépend plus de moi, ni de vous, ni de personne de m’empêcher de vous aimer&nbsp;; mon amour, ma vie, mon cœur, tout est à vous ». Des historiens indiscrets ont cherché à savoir jusqu’où est allé ce tout et si Chateaubriand a obtenu ce  que, semble-t-il, aucun autre n’a obtenu&nbsp;; on n’en sait rien, même si on a beaucoup glosé sur un tête-à-tête à Chantilly au printemps 1822, avant le départ de Chateaubriand pour l’ambassade de Londres. Toujours est-il qu’à l’automne 1823 Juliette quitte Paris pour l’Italie&nbsp;; l’activisme frénétique et les incartades de son amant ont eu raison de sa passion&nbsp;; cette fois il ne s’agit plus d’une proscription, mais d’un exil sentimental. Elle emmène Ballanche* et Jean-Jacques Ampère*, séjourne à Rome et à Naples, où Ampère* poursuit ses essais poétiques,  avant de regagner la France à la demande de son père, à l’automne 1824. A Paris, à partir du printemps 1825, elle reprend ses habitudes, fait la paix avec Chateaubriand&nbsp;; au fil de la disparition des anciens amis et du groupe lyonnais, une nouvelle génération les remplace dans le salon de l’Abbaye-aux-Bois, les libéraux, comme Edgar Quinet*, Alexis de Tocqueville (1805-1859), se mêlent désormais à la vieille garde royaliste&nbsp;; Sainte-Beuve (1804-1869) y fait son entrée et Chateaubriand, qui ne joue pas le grand rôle qu’il espérait après la Révolution de 1830, se contente d’être au centre de cette sorte de culte que Juliette organise pour «&nbsp;le grand homme » et dont les premières lectures  en 1834 des Mémoires d’Outre-Tombe sont une manifestation essentielle&nbsp;; Sainte-Beuve écrira&nbsp;: «&nbsp;Elle nous avait tous enchaînés au pied de sa statue avec une chaîne d’or ». Cette société d’élection n’est pas étrangère aux calculs&nbsp;; on y prépare les élections académiques&nbsp;: en 1842 Ballanche* est élu à l’Académie française et Ampère à l’Académie des Inscriptions et Belles Lettres, en attendant de rejoindre Ballanche* en 1847&nbsp;; elle n’est pas non plus indifférente au monde&nbsp;: en 1841 Juliette organise une soirée de musique et de déclamation au profit des sinistrés lyonnais des inondations. Marceline Desbordes-Valmore*, qui a jadis bénéficié de l’attention matérielle de Juliette, pas en reste pour intervenir en faveur de son mari, fréquente le salon et reçoit même sa visite, écrivant en 1846&nbsp;: «&nbsp;…sa grâce est toujours active, irrésistible ». Après la mort d’Auguste de Prusse, durant l’été 1843, Juliette récupère le grand  portrait de Gérard, retrouvant ainsi dans des circonstances douloureuses une des plus belles images de sa jeunesse&nbsp;; une vie se referme ainsi sur elle-même et s’achève peu à peu par la mort de ceux qui l’ont entourée&nbsp;; le 12 juin 1847 Ballanche*, veillé jusqu’à la fin par Juliette et Victor de Laprade*, disparaît&nbsp;; il est inhumé dans le caveau  Bernard et Récamier au cimetière Montmartre. Le 4 juillet 1848 Chateaubriand s’éteint à son tour&nbsp;; Juliette, que le fidèle Paul David et Jean-Jacques Ampère assistent durant ses derniers mois, meurt du choléra le 11 mai 1849, chez les Lenormant, à la Bibliothèque nationale&nbsp;; une dernière trace de cette femme, qui a été si soucieuse de son image, est fixée sur son lit de mort par Achille Deveria (1800-1857). Lyon n’a jamais oublié la petite pensionnaire de la Déserte,  devenue la femme la plus en vue d’Europe&nbsp;; un lycée porte son nom, ainsi qu’une rue et une place, depuis peu dédiée à René Deroudille*&nbsp;; en 2009 le Musée des Beaux-Arts* organise une exposition sur Juliette Récamier et les arts. Mais le plus bel hommage rendu par sa ville natale est sans doute l’essai historique que lui consacre en 1905 Édouard Herriot* dans un livre qui fait toujours référence.
P.B.
Françoise Wagener, Madame Récamier 1777-1849, Éditions Jean-Claude Lattès, Paris, 1986 (rééd. Flammarion, Paris, 2001)&nbsp;;
Agnès Kettler, Lettres de Ballanche à Madame Récamier, Honoré Champion, Paris, 1996&nbsp;;
Pierre-Simon Ballanche, Vie de Madame Récamier, Peter Lang, Frankfurt am Main, 1999.
Benjamin Constant et Madame Récamier, Lettres 1807-1830, Librairie Honoré Champion, Paris, 1992.</p>]]></content:encoded>
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<item rdf:about="http://www.patricebeghainlyon.com/index.php/2009/02/23/46-parution">
  <title>PARUTION</title>
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  <dc:date>2009-02-23T19:56:02+01:00</dc:date>
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  <dc:creator>patrice beghain</dc:creator>
  <dc:subject>Agenda culturel</dc:subject>
  <description>LE  COURS DU FLEUVE FAIT LE MIEN</description>
  <content:encoded><![CDATA[<p>LE  COURS DU FLEUVE FAIT LE MIEN</p> <p>Le texte définitif de la <em>Lettre au successeur d'André Malraux</em> paraîtra à la mi-mars 2009, en complément d'un livre d'entretiens avec Nelly Gabriel, journaliste, et Jean-Pierre Saez, directeur de l'Observatoire des politiques culturelles de Grenoble. Publié sous le titre "<strong>Le cours du fleuve fait le mien</strong>", emprunté à Fénelon, l'ouvrage est publié aux éditions La Passe du vent.</p>]]></content:encoded>
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  <title>MON BLOG CHANGE</title>
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  <dc:date>2009-02-09T16:19:16+01:00</dc:date>
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  <dc:creator>patrice beghain</dc:creator>
  <dc:subject>Culture</dc:subject>
  <description>Depuis près d'un an je n'exerce plus de responsabilité publique; après un long silence mon blog change de fonction et d'esprit; il me permettra de mettre en ligne des textes de réflexion et de contribuer sur divers sujets au débat citoyen. Je publie en mars aux éditions La Passe du vent un livre d'entretiens, qui  sera suivi d'une Lettre au successeur d'André Malraux. En accord avec l'éditeur, je publie en avant-première le texte de cette Lettre qui souhaite contribuer au nécessaire débat sur l'avenir des politiques publiques culturelles, l'année où l'on célèbre le cinquantième anniversaire de la création du ministère de la culture.</description>
  <content:encoded><![CDATA[<p>Depuis près d'un an je n'exerce plus de responsabilité publique; après un long silence mon blog change de fonction et d'esprit; il me permettra de mettre en ligne des textes de réflexion et de contribuer sur divers sujets au débat citoyen. Je publie en mars aux éditions La Passe du vent un livre d'entretiens, qui  sera suivi d'une <strong>Lettre au successeur d'André Malraux</strong>. En accord avec l'éditeur, je publie en avant-première le texte de cette Lettre qui souhaite contribuer au nécessaire débat sur l'avenir des politiques publiques culturelles, l'année où l'on célèbre le cinquantième anniversaire de la création du ministère de la culture.</p> <p><strong>LETTRE AU SUCCESSEUR D’ANDRÉ MALRAUX</strong></p>


<p>Madame la ministre,  monsieur le ministre,</p>


<p>J’ignore qui vous serez au moment où cette lettre paraîtra, d’où l’incertitude de genre de mon adresse, mais cela à vrai dire n’a pas d’importance, comme le manifeste depuis tant s’années la rotation des titulaires du ministère. Seuls André Malraux précisément et Jack Lang, grâce à ses deux mandats, ont bénéficié du temps nécessaire pour marquer durablement cette fonction. Cela ne signifie pas qu’ils sont les seuls à l’avoir illustrée&nbsp;; entre eux Michel Guy et Jacques Duhamel, ministres chacun pendant un peu plus de deux ans, ont montré paradoxalement  par l’influence qu’ils ont exercée que la durée ne fait pas le ministre. Mais depuis 1993 sept ministres, huit, si l’on retient la présence de l’estimable Michel Duffour aux côtés de Catherine Tasca, se sont succédés, soit à peu près un nouveau ministre tous les deux ans. A cette instabilité il convient d’ajouter la perte de prestige politique que manifestent les nominations récentes de «&nbsp;techniciens » comme Jean-Jacques Aillagon et Christine Albanel, qui n’ont pas su imposer leur action dans le champ politique&nbsp;; l’un en rêvait depuis longtemps et pensait y faire florès, mais ce fut un fiasco, il partit pour Venise, mais dut bientôt limiter son horizon au Grand Canal de Versailles&nbsp;; la seconde, qui n’avait connu jusque là que l’Élysée, puis Versailles – on en vient, on y va, comme dans Saint-Simon – n’a cessé sans doute de se demander pourquoi  on l’avait envoyée rue de Valois succéder à André Malraux&nbsp;! Entre eux un politique habile, qui crut durer à force de bonhomie, mais qui perdit tout.
Cela étant, ne souhaitant pas paraître désobligeant, je ne vais pas personnaliser davantage mon propos, , mais, nourri de vingt ans de responsabilités – dont la diversité compense la modestie – dans la mise en œuvre des politiques culturelles publiques, je souhaite apporter une contribution à un débat que vous n’avez pas décidé d’engager. Dans cette frénésie de changement qui, depuis 2007, anime sinon la France, du moins celui qu’une majorité de Français ont élu président de la République, le ministère de la culture n’a impulsé aucune idée neuve, n’a procédé à aucun bilan ni proposé quelque évolution, et s’est contenté de subir la diminution de ses moyens d’intervention. Ce n’est évidemment pas la lettre de mission présidentielle de 2007, dont la médiocrité ne méritait même pas le flot d’indignation qu’elle a suscité, qui pouvait impulser le nécessaire renouveau de l’action culturelle de l’État, qui, cinquante ans après la création du ministère de la culture, est en panne. Je me prends même à rêver d’une autre lettre de mission et, bien que je n’ai aucun titre à le faire, je vous avoue que c’est ce dessein qui m’incite aujourd’hui à vous écrire. Quelle mission, madame la ministre, monsieur le ministre, pourrait aujourd’hui vous confier un président bien inspiré et mieux conseillé, pour vous inciter à refonder la politique culturelle de l’État&nbsp;?
Il vous faut d’abord prendre conscience qu’aujourd’hui, même si vous disposez toujours d’un budget conséquent et d’un pouvoir réglementaire, votre ministère est devenu un acteur secondaire et les clefs de l’action culturelle publique sont dans d’autres mains&nbsp;: celles des établissements publics qui sont en principe placés sous votre tutelle et celles des collectivités territoriales, en particulier les villes et les régions.
Les établissements ont conquis une indépendance, qui en fait, dans bien des circonstances, des acteurs plus importants que votre administration. Qui peut aujourd’hui douter qu’il vaut mieux être président du Louvre ou de la Bibliothèque nationale de France que directeur des musées de France ou directeur du livre et de la lecture&nbsp;; envers et contre tous le précédent président de la BNF, sous le prétexte légitime de lutter contre l’hégémonie culturelle anglo-saxonne, a imposé la dispendieuse – et laborieuse – mise en place de la bibliothèque numérique européenne,  au seul profit de son établissement, en ignorant les autres grandes bibliothèques françaises, et, quand il s’est agi pour le Musée des Beaux-Arts de Lyon d’acquérir La fuite en Égypte de Poussin, l’appui du Louvre et de son président Henri Loyrette a été plus déterminant que celui du directeur de cabinet de Renaud Donnedieu de Vabres&nbsp;! En outre la part que ces grands établissements représentent désormais dans le budget du ministère de la culture – huit institutions parisiennes absorbent près de 20% du budget voté – obère les capacités d’action de celui-ci.</p>


<p>Contraint et amoindri de l’intérieur, le ministère de la culture n’est plus un acteur majeur des politiques culturelles publiques, dans la conduite desquelles les collectivités territoriales jouent désormais un rôle prépondérant. En témoigne, mais ce n’est pas le seul indicateur, la part que ces dernières prennent dans le financement public de la culture dans notre pays, près des 2/3 contre un peu plus d’1/3 pour l’État.</p>


<p>La crise de l’action culturelle de l’État est largement due à cette évolution, dont ni la plupart des acteurs culturels, ni les médias – essentiellement parisiens et aveuglés par leur suspicion à l’égard du pouvoir culturel des élus locaux – n’ont vraiment pris la mesure&nbsp;; aucune conclusion stratégique, n’a été tirée de ce qui, paradoxalement, est sans soute le plus grand succès de l’action menée depuis 1959. Face à cette situation l’État n’a pris aucune initiative, sauf à y voir cyniquement un effet d’aubaine pour ici ou là réduire sa participation aux actions menées sur le territoire et surtout s’abstenir de s’engager dans le soutien à des initiatives nouvelles, se repliant dans les  régions sur le pré carré de ses réseaux historiques, qui ont été un des éléments essentiels du développement culturel, mais qui, malgré la qualité de la plupart des responsables de ces réseaux, ne peuvent pas assurer seuls le renouveau des pratiques artistiques et des modes de présence de l’art dans la cité.</p>


<p>Pourtant l’aménagement culturel du territoire reste inachevé&nbsp;; de fortes inégalités territoriales subsistent et, à l’intérieur même des grandes agglomérations, la dynamique des années 80-90 est retombée, alors même qu’il faudrait y conduire, dans un partenariat original et ciblé, un effort spécifique. Certes on pourrait attendre des intercommunalités plus d’audace dans la mise en œuvre d’une politique culturelle cohérente et concertée&nbsp;; cela a été largement engagée par les villes moyennes au sein des communautés d’agglomération, mais, pour des raisons complexes, qui tiennent autant à leur mode de gouvernance qu’aux égoïsmes communaux, la prise de compétence culturelle des communautés urbaines patine. L’État, sous prétexte de décentralisation, s’en désintéresse ou se contente de stigmatiser cette frilosité&nbsp;; en d’autres temps, avec les chartes culturelles et les conventions de développement culturel, le ministère de la culture et ses DRAC ont su nouer un partenariat décisif avec les collectivités territoriales. Dans le respect du principe de libre administration de celles-ci, on pourrait envisager que les DRAC soient invitées à accompagner la prise de compétence culturelle des communautés urbaines, à la fois par leur expertise et par un soutien financier incitatif et temporaire aux démarches innovantes&nbsp;?  L’immobilisme actuel du ministère de la culture sur ce champ compromet à terme un développement culturel équilibré des grandes métropoles&nbsp;; au lieu de les renforcer, il contribue par sa passivité à les affaiblir, dans un contexte international qui exacerbe les compétitions territoriales.  Il s’exonère ainsi de sa mission première de réduction des inégalités d’accès à l’offre culturelle. Une initiative audacieuse dans ce domaine serait une belle façon de célébrer l’année Malraux.</p>


<p>Au lieu de cela on pratique la godille budgétaire&nbsp;; bien sûr il y a toujours eu et sous tous les gouvernements des hauts et des bas, des réductions ou des annulations de crédits, comme si  Bercy n’avait de cesse de se venger de cette extravagante année 1982, où le budget de la culture fut doublé. Tout récemment on a presque chanté le Te Deum rue de Valois, quand le président, soucieux de relance, a attribué cent millions d’euros pour le patrimoine; tout esprit tant soit peu informé sait pourtant que cela servira d’abord à solder les dettes de vos DRAC à l’égard des entreprises et des collectivités territoriales, à financer les chantiers de Versailles – on y revient –  et à engager enfin des travaux en panne, comme le grand chantier du Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée de Marseille, décidé… par Lionel Jospin et Catherine Tasca – il était temps, surtout que 2013 approche et que nous souhaitons tous, maintenant que le choix est fait, que la France soit présente à ce grand rendez-vous européen, comme elle a su l’être avec Lille en 2004! Au quotidien vous laissez le soin à vos DRAC d’annoncer les baisses de subvention, tout en en amusant la galerie par des Entretiens de Valois, dont la confidentialité laisse perplexe&nbsp;; il fallait convoquer des États-Généraux – mais on comprend que, connaissant bien Versailles, vous ayez hésité – vous avez réuni un conclave de spécialistes.
Car, madame la ministre, monsieur le ministre, face à votre banqueroute, c’est bien une sorte de révolution qu’il faudrait engager&nbsp;; il ne suffit pas, comme cela a été engagé sans grand succès, de vous défaire de quelques châteaux, ni même, comme monsieur Aillagon l’a suggéré, d’y ajouter quelques cathédrales, mais, puisque vous ne pouvez plus faire grand-chose, il faut passer la main. Mais cette fois le faire dans la clarté, pas de cette façon mi-cynique mi-honteuse, qui est la vôtre depuis quelques années, au terme d’un vrai débat et honnêtement. Bien sûr, ce ne sera pas aisé&nbsp;; les collectivités territoriales – toutes tendances confondues – les artistes, les institutions culturelles, les associations n’ont plus confiance en l’État&nbsp;; et c’est bien là un paradoxe&nbsp;: le ministère de la culture dispose encore de fonctionnaires compétents et passionnés – qui sont les premiers à pâtir de la situation – et de moyens importants, mais on n’a plus confiance en vous. Je crains d’ailleurs que ce clair-obscur, dans lequel vous maintenez le paysage culturel, ne serve de prétexte ici ou là, voire de modèle,  pour décomplexer telle ou telle collectivité territoriale désireuse de lever le pied ou de «&nbsp;faire une pause », puisque l’exemple vient de si haut. Depuis tant d’années, il y a une telle solidarité entre votre ministère et les territoires que toute défaillance de l’État risque d’avoir des effets désastreux sur toute la chaîne&nbsp;; rien n’est pire que l’indécision ou la persistance d’un simulacre de pouvoir&nbsp;; ce peut être, aux autres échelons, le prétexte à toutes les reculades.</p>


<p>D’autant que vous n’avez pas à rougir des batailles menées depuis 1959 et de  l’œuvre accomplie, n’en déplaise aux chantres de l’échec des politiques culturelles publiques, nombreux parmi les beaux esprits de droite, mais parfois actifs dans certains cercles de l’intelligentsia de gauche. On peut encore construire sur les fondements existants&nbsp;; on ne le pourra plus demain, si vous laissez l’édifice connaître la ruine.</p>


<p>Par quoi commencer ou comment actualiser aujourd’hui ce qui a été engagé par Malraux et poursuivi par la plupart de ses successeurs&nbsp;? Il faut d’abord mettre un terme à la folle dérive parisienne des investissements culturels de l’État, dans laquelle depuis plus d’un quart de siècle, votre ministère épuise ses budgets. Le provincial que je suis ne conteste pas la nécessité de doter Paris, capitale de la France, une des grandes villes du monde, des institutions culturelles nécessaires&nbsp;; il fallait conforter et rénover l’existant – faire Orsay, le Grand Louvre, la Bibliothèque François-Mitterrand, l’Opéra Bastille – créer, quand elles font défaut, de nouvelles institutions, comme le Centre Georges-Pompidou ou le Musée du Quai Branly&nbsp;; je ne me prononce pas sur la pertinence de tel ou tel choix architectural ou des programmes muséographiques. Mais de grâce arrêtons&nbsp;! Vous savez mieux que quiconque le poids que représentent désormais le fonctionnement de ces équipements dans votre budget, alors pourquoi continuer&nbsp;?</p>


<p>Le temps est venu d’un moratoire des nouvelles interventions de l’État dans le champ culturel à Paris, destiné à mettre un terme à la succession  de projets, dus au fait  que chaque nouveau ministre, désireux sans doute de marquer son passage rue de Valois, se croit obligé – et y est encouragé par des lobbies efficaces- de mettre en œuvre un nouveau chantier. La Ville de Paris montre d’ailleurs, en créant le 104, sur le modèle lyonnais des Subsistances, ou en faisant de la Gaîté lyrique un pôle d’expression pour les arts numériques, qu’elle est aujourd’hui en capacité de prendre elle-même les initiatives nécessaires à son développement culturel et à l’affirmation de sa vitalité artistique. On pourrait même envisager le transfert de certaines institutions de la tutelle de l’État à la Ville&nbsp;; qu’est-ce qui justifie par exemple aujourd’hui que la BPI soit gérée par le ministère de la culture, alors qu’elle a été créée pour pallier les carences de la politique municipale de droite en matière de lecture publique&nbsp;? Comme l’avait jadis fixé une loi qui n’a pas été appliquée, il convient de fixer un objectif de rééquilibrage des dépenses culturelles de l’État au profit des régions, y compris la région Ile-de-France, dont les communes sont les premières à souffrir de cette situation.</p>


<p>Il faut également faire d’autres choix. L’exemple de l’art moderne et contemporain est particulièrement éclairant. La création du Centre Georges-Pompidou devait permettre de présenter les collections du Musée national d’art moderne et lui adjoindre, outre la BPI et l’Ircam, des espaces qui faisaient défaut pour l’art contemporain. Par la suite on ouvrit le Jeu de paume, puis le Palais de Tokyo&nbsp;; on parla un temps de l’île Seguin, si proche de Paris&nbsp;; aujourd’hui  le Centre Georges-Pompidou va occuper de nouveaux espaces au Palais de Tokyo. La Biennale de  Paris s’était éteinte&nbsp;; votre ministère l’avait en 1991 installée à Lyon et plusieurs ministres – la dernière en date étant Catherine Tasca – avaient clairement signifié qu’elle devenait ainsi la Biennale française d’art contemporain&nbsp;; pourquoi, cédant à quelques lobbyistes, avoir créé une triennale à Paris, entièrement financée par votre ministère, tout en chipotant les subventions affectées à la Biennale de Lyon, sans compter l’organisation annuelle d’une grande rétrospective d’un artiste contemporain, toujours au Grand Palais, financée de la même façon&nbsp;?  La constance politique et la confirmation de la rupture avec le centralisme plaidaient – plaident toujours – pour un renforcement de la Biennale de Lyon, pour lui donner sa pleine dimension nationale et européenne, au cœur d’une région qui, avec les collections d’art contemporain de Grenoble, de Lyon, de Saint-Étienne et de Villeurbanne, et quelques autres institutions, dont cinq écoles supérieures d’art, est toute désignée pour jouer dans ce domaine un rôle majeur.</p>



<p>Le désengagement parisien de l’État lui permettrait, n’ayant plus la charge d’assurer le développement d’institutions transférées et ayant cessé d’en créer de nouvelles, de mettre progressivement à niveau son intervention auprès de quelques grandes institutions artistiques et patrimoniales des grandes villes de France, préalable indispensable à un transfert de compétences et de moyens qui ferait ce que la loi de décentralisation de 2004 n’a pas fait ou si mal engagé. Une telle démarche ne sera certes pas aisée à conduire&nbsp;; elle se heurte d’emblée à la crise de confiance qui marque les relations entre l’État et les collectivités territoriales. La vigilance du comité des finances locales ne suffira pas&nbsp;; la Cour des comptes pourrait devenir le garant de la procédure et de son respect par les partenaires concernés.</p>


<p>Il faudra aussi surmonter les réserves et même l’hostilité de certains milieux culturels, en particulier dans le domaine du spectacle vivant, à l’égard de tout transfert de compétence&nbsp;; de fait la décentralisation théâtrale est née de la volonté de l’État, face à l’inexistence ou à la médiocrité des politiques locales et au contrôle plus ou moins avisé qu’elles pouvaient exercer sur les scènes. Mais c’était il y plus de cinquante ans&nbsp;; aujourd’hui, à l’exception de quelques grandes institutions de la décentralisation, la majorité des financements des établissements du réseau mis en place dans l’ensemble des domaines artistiques provient des collectivités territoriales et ceux-ci ont conquis leur indépendance. Il me semble que les réticences à toute évolution de la part de certains «&nbsp;barons » de la décentralisation et des Vestales du culte de l’État, pourtant enclins à solliciter les pouvoirs locaux pour pallier ses défaillances, tiennent à une conception erronée du service public, auquel ils sont à juste titre attachés&nbsp;; pour eux le service public est fondé sur l’intervention étatique&nbsp;; ce point de vue est très daté et les collectivités locales sont toutes désignées aujourd’hui – comme elles le font dans bien des domaines majeurs de l’action culturelle – à prendre demain pleinement en responsabilité le service public du théâtre ou de la danse. L’État, comme il le fait dans les différents secteurs du patrimoine par le biais du contrôle scientifique et technique, fondé législativement et règlementairement,  pourrait se doter des moyens d’une sorte de compétence déontologique et mettre en place une instance d’appel contre  toute tentative de contrôle idéologique local&nbsp;; ce pourrait être une des missions du Conseil de la création artistique, dont le Président de la République a annoncé la création, à condition bien sûr qu’il renonce à l’idée saugrenue de le présider lui-même, dût sa frénésie de tout faire lui-même en pâtir. Au demeurant le contrôle social qu’exerce l’opinion publique me  semble désormais un antidote assez efficace à l’encontre de toute dérive locale.</p>


<p>Ces considérations ne sauraient en tout cas amener à renoncer à la mise en œuvre d’une décentralisation culturelle, qui, dans bien des cas, tirera simplement les conséquences des évolutions intervenues ces dernières décennies. Autour de quels principes pourrait s’organiser une telle démarche&nbsp;?</p>


<p>Le premier d’entre eux serait d’accepter un niveau de prise en charge variable selon les domaines. Ainsi pour le patrimoine, à l’égard duquel, comme je  viens de le rappeler, l’État dispose des moyens de contrôle nécessaire, l’échelon régional, déjà reconnu en 2004 pour le transfert de l’Inventaire général, s’avèrerait sans doute efficace&nbsp;; ainsi la Région recevrait-elle compétence pour participer avec leurs propriétaires à l’entretien et à la restauration des monuments historiques inscrits, dont elle aurait la responsabilité d’établir et d’actualiser la liste, l’État gardant, au moins un temps, ses responsabilités actuelles vis-à-vis des monuments classés, considérés d’intérêt national. Certes ici ou là des départements ont fait preuve d’une action remarquable pour leur patrimoine&nbsp;; il convient donc de considérer que régions et départements pourraient contractualiser autour de cette compétence&nbsp;; la loi ne doit pas enfermer dans un cadre étroit, mais permettre que soient prises en compte les réalités des politiques territoriales, au cas par cas, sous la seule réserve de la lisibilité pour le citoyen de la mise en œuvre de l’action publique. On pourrait de la même façon envisager une répartition des responsabilités à l’égard des musées de France, selon l’importance de leurs collections, leurs ambitions et la nature de leur projet culturel.</p>


<p>Un second principe pourrait être de limiter le nombre de collectivités publiques partenaires d’une institution culturelle, ou à tout le moins de désigner un chef de file, et de simplifier ainsi l’exercice des partenariats et de la tutelle&nbsp;; une telle réduction à deux – ou trois – collectivités finançant une institution culturelle entraînerait un découplage, qui est, à terme, garant de clarté dans l’usage des ressources publiques et d’efficacité dans la gestion. Pour ce qui est du spectacle vivant et des lieux de diffusion de l’art contemporain, compte tenu de la situation actuelle, il me semble que les Régions seraient aptes à assurer l’essentiel des compétences et des moyens du ministère de la culture pour être les partenaires des communes sur les territoires desquels sont implantées ces institutions&nbsp;; mais là encore on peut imaginer que la loi fixe des principes, mais laisse une certaine souplesse d’organisation, l’essentiel étant d’identifier, dans la relation avec la structure culturelle, théâtre, orchestre, centre d’art, compagnie, festival, un ou deux partenaires publics, proches et directement concernés par l’exercice de ses missions et bien entendu de leur transférer les  crédits correspondants.</p>


<p>Comme on le voit par ces exemples, la Région apparaît comme le nouvel échelon pertinent d’impulsion et de gestion des politiques culturelles publiques, apte à se substituer à l’État dans un certain nombre de domaines&nbsp;; une méthode de travail fondée sur l’expérimentation devrait permettre de confirmer cette hypothèse. Elle n’a sans doute pas vocation, sauf cas particulier, à gérer directement des institutions culturelles, mais ses compétences actuelles en font la collectivité territoriale apte à soutenir et à harmoniser le développement culturel de son territoire, à soutenir et à explorer de nouvelles voies pour la formation et l’emploi culturel – domaine dans lequel la gestion calamiteuse de la question des intermittents a révélé l’incapacité de l’État – et à poursuivre et à adapter, aux côtés des communes et des intercommunalités, l’action entreprise depuis les années 1950 par l’État dans le champ culturel. Aurez-vous, madame la ministre, monsieur le ministre, l’audace – toute relative – de passer la main aux Régions, nonobstant le fait qu’elles sont pour l’instant très majoritairement gouvernées par la gauche&nbsp;? Ce ne sera sans doute pas toujours le cas et ce serait une attitude bien politicienne que de déterminer une initiative politique selon un tel critère&nbsp;!</p>


<p>Ainsi Régions et intercommunalités, qui sont les deux instances territoriales dotées d’une véritable compétence stratégique, sont-elles, à mes yeux, les  collectivités publiques garantes pour demain de la poursuite de l’œuvre entreprise dès les lendemains de la seconde guerre mondiale et à laquelle André Malraux et ses successeurs ont donné un cadre institutionnel et les moyens nécessaires. Elles sont aussi à même d’inscrire pour partie l’action culturelle dans un cadre international, alors que l’État – mais cette fois il s’agit du ministère des affaires étrangères – témoigne désormais dans ce domaine d’une grave carence et d’une  rare désinvolture. La gestion misérabiliste par l’État de la politique culturelle internationale de la France, que peine à dissimuler l’activisme clientéliste et sans grand moyens de Cultures-France est sans doute aussi grave que les carences actuelles de la rue de Valois. Voilà pourtant un domaine où, dans un partenariat auxquels les Régions et les grandes villes sont prêtes, son action demeure indispensable, pas seulement par l’organisation de saisons ou du d’échanges croisés, qui ne sont souvent qu’un cache-misère, mais par une politique ambitieuse construite dans la durée. L’action internationale de la France ne saurait se réduire aux transports présidentiels et aux contrats d’armement&nbsp;; bien d’autres avant moi ont souligné tout ce que la culture peut lui apporter, tout simplement des valeurs et un sens, notre participation sans arrogance au dialogue des cultures&nbsp;; voilà une belle occasion de répondre aux contempteurs de la culture française, en les mettant en face de leur ignorance de la vitalité et de la diversité de la scène artistique française. Aider à traduire nos écrivains et nos philosophes, trop souvent ignorés par la paresse intellectuelle et le nombrilisme anglo-saxon, soutenir le marché de l’art français, faire circuler dix fois plus les compagnies de danse et de théâtre et nos orchestres, voilà une mission de l’État. Pourquoi la politique offensive et concertée avec les professionnels qui existe depuis tant d’années en faveur du cinéma ne pourrait pas s’appliquer aux autres domaines de la création, à condition de passer par les opérateurs eux-mêmes et de ne pas s’en remettre aux quelques chargés de mission de Cultures-France.</p>


<p>Redéfinir en effet les missions culturelles de l’État ne signifie pas l’exonérer de toute initiative dans ce domaine et encore moins prôner la suppression du ministère de la culture, pour se limiter à quelques grands programmes d’action. Je ne résiste pas au passage de dire que je trouve ahurissant et pour tout dire inconvenant que l’ancien ministre Aillagon, qui envisage allégrement la suppression du ministère au profit de quelques grandes actions nationales, cite parmi celles-là l’éducation artistique, alors qu’il est précisément responsable, à son arrivée rue de Valois en 2002, du démantèlement du plan d’éducation artistique mis en œuvre par Jack Lang et Catherine Tasca. Voilà précisément un domaine, où une action volontariste et permanente de l’administration centrale et des DRAC, disposant de moyens conséquents, est indispensable pour faire bouger le mammouth de l’Éducation nationale, au sein  duquel d’ailleurs d’innombrables enseignants sont motivés pour mener une telle action, dont toutes les études menées montrent qu’elle est en outre un facteur positif de lutte contre l’échec scolaire.</p>


<p>L’action du ministère de la culture, menée conjointement avec les collectivités territoriales demeure également indispensable pour assurer l’équité territoriale&nbsp;; la solidarité nationale est encore plus nécessaire dans le contexte d’une large décentralisation.</p>


<p>On peut donc être d’accord avec Jean-Jacques Aillagon pour que l’action de l’État se recentre sur quelques grands axes d’intervention, susceptibles d’évoluer dans le temps, mais, à la différence de ce qu’il préconise, cela suppose une administration centrale et régionale de la culture forte, en capacité de s’imposer au sein de l’appareil d’État et de dialoguer avec les pouvoirs locaux autour de priorités définies dans un esprit partenarial pour les mettre en œuvre dans les territoires concernés et auprès de leurs populations, appréhendées dans leur diversité.</p>


<p>Le rôle de l’État demeure tout aussi indispensable dans l’exercice de la fonction législative et réglementaire, pour définir les principes et les modalités relatives aux conséquences dans le champ culturel du développement des technologies modernes de communication, qui représentent une opportunité historique de démocratisation. A condition toutefois qu’il ne se contente pas seulement d’une approche répressive, mais sache mettre en place des dispositifs qui,  tout en préservant les droits des artistes, témoignent d’un véritable encouragement aux nouvelles possibilités de diffusion qu’offre notamment l’internet. Il eût été opportun qu’en 2008 la présidence française de l’Union européenne fasse avancer dans ce domaine, comme plus généralement pour l’ensemble des industries culturelles, la mise en place, qui n’a que trop tardé, d’une politique commune, qui est d’ores et déjà un enjeu essentiel. Au lieu de cela l’énergie ministérielle a été mise au service d’une réforme de l’audiovisuel public qui, hormis la réduction de la publicité, constitue une régression qui distingue malencontreusement la France de la plupart de ses partenaires de l’Europe. Il y a mieux à faire dans le domaine des industries culturelles, où les collectivités territoriales, notamment les régions, au regard de leurs compétences économiques, pourraient au demeurant être des partenaires efficaces de l’État, comme elles ont commencé à le montrer pour le cinéma et l’audiovisuel.</p>


<p>Telles sont, madame la ministre, monsieur le ministre, les réflexions par lesquelles j’ai souhaité contribuer à la célébration du cinquantenaire de votre ministère&nbsp;; entre ceux qui, publiquement ou mezzo voce, souhaitent que cet anniversaire soit marqué par sa  disparition et ceux qui considèrent que rien ne doit changer, il y a une voie pour la réforme. D’autres chemins sont possibles et toutes les contributions sont bienvenues, mais rien ne serait pire que la persistance du doute et l’aggravation du discrédit. La langueur actuelle du ministère de la culture menace le corps tout entier&nbsp;; quand la tête est atteinte, le mal gagne vite tout l’organisme. C’est la construction cinquantenaire d’une politique publique de la culture qui est aujourd’hui menacée.  Madame la ministre, monsieur le ministre, il vaut mieux une retraite ordonnée qu’une défaite assurée&nbsp;! Soyez un ou une ministre dont en 2059 on pourra célébrer la perspicacité et l’audace, en quelque sorte le Malraux de 2009&nbsp;!</p>


<p>20 janvier 2009.</p>







<p><code></code></p>]]></content:encoded>
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<item rdf:about="http://www.patricebeghainlyon.com/index.php/2008/01/24/44-attali-sarkozy-les-departements">
  <title>ATTALI, SARKOZY &amp; LES DEPARTEMENTS</title>
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  <dc:creator>patrice beghain</dc:creator>
  <dc:subject>Politique</dc:subject>
  <description>Dès la remise du rapport Attali, le Président de la République a fait savoir qu'il ne retenait pas la proposition de suppression des départements. Curieuse façon d'ouvrir le débat et surtout grave erreur, inspirée à l'évidence par des calculs politiciens: la rupture a ses limites! Pourtant...</description>
  <content:encoded><![CDATA[ <p>Dès la remise du rapport Attali, le Président de la République a fait savoir qu'il ne retenait pas la proposition de suppression des départements. Curieuse façon d'ouvrir le débat et surtout grave erreur, inspirée à l'évidence par des calculs politiciens: la rupture a ses limites! Pourtant l'évidence est là: entre la montée en puissance des régions et l'émergence des intercommunalités, les départements n'ont plus leur place et sont un échelon de trop. Pleinement nécessaires face au nombre de communes, notamment en milieu rural, où le conseiller général jouait le rôle de super maire, les départements doivent s'effacer devant les communautés de communes et les communautés d'agglomération, qui désormais structurent le territoire régional. Quant aux communautés urbaines, elles doivent recevoir sur leur territoire, où vivent des millions de Français, l'ensemble des compétences nécessaires, en particulier celles qui concernent les collèges et la politique sociale. Cette simplification administrative, génératrice d'économies de gestion, serait un facteur supplémentaire de responsabilité et de transparence politique, donc de démocratie. Un peu de courage dans cette affaire, y compris à gauche, ça ne ferait pas de mal!</p>]]></content:encoded>
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<item rdf:about="http://www.patricebeghainlyon.com/index.php/2008/01/24/43-les-eglises-de-france">
  <title>LES EGLISES DE FRANCE</title>
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  <dc:date>2008-01-24T00:28:01+01:00</dc:date>
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  <dc:creator>patrice beghain</dc:creator>
  <dc:subject>Culture</dc:subject>
  <description>Un débat s'engage sur l'avenir des églises, souvent construites au 19ème siècle, qui n'ont plus ou pratiquement plus d'usage cultuel: restauration, démolition, réutilisation. Sauf cas de péril, je ne suis pas favorable à leur démolition; nous commençons à peine à réhabiliter le...</description>
  <content:encoded><![CDATA[ <p>Un débat s'engage sur l'avenir des églises, souvent construites au 19ème siècle, qui n'ont plus ou pratiquement plus d'usage cultuel: restauration, démolition, réutilisation. Sauf cas de péril, je ne suis pas favorable à leur démolition; nous commençons à peine à réhabiliter le patrimoine du 19ème siècle, encore trop mal aimé, et pourtant tout à fait intéressant d'un point de vue historique, esthétique et sociologique. En revanche il faut poser avec force la question de la désaffectation, c'est à dire d'une certaine façon du retour à une fonction ordinaire, des églises dont les paroisses n'ont plus véritablement d'usage. Il serait malsain de se crisper sur une conception dépassée d'une société chrétienne; en tant qu'organisation sociale, politique et culturelle, souvent contraignante, la chrétienté est derrière nous; c'est une des heureuses conquêtes du 18ème siècle, même si je suis de ceux qui n'ont aucun état d'âme, si je puis dire, à prendre en compte l'apport du christianisme à notre identité commune. La restauration des églises incombe de par la loi aux communes; celles-ci ne pourront pas justifier les sommes nécessaires, si elles sont employées à entretenir des édifices sans fonction; il faut donc débattre, au cas par cas, avec les autorités religieuses, d'un autre usage des églises qui n'ont pratiquement plus de fonction cultuelle. Il y a suffisamment de besoins culturels et sociaux à satisfaire, pour que ces édifices retrouvent une utilité sociale, respectueuse de l'esprit des lieux; nos concitoyens accepteront d'autant mieux que les villes et les villages dépensent des sommes parfois considérables pour entretenir les édifices qui restent affectés au culte.</p>]]></content:encoded>
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<item rdf:about="http://www.patricebeghainlyon.com/index.php/2007/12/18/42-sarko-clara-co">
  <title>SARKO CLARA &amp; co</title>
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  <dc:creator>patrice beghain</dc:creator>
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  <content:encoded><![CDATA[ <p>Le Figaro d'aujourd'hui nous apprend que lors de son escapade soigneusement organisée à Disneyland, le nouveau couple princier de l'Elysée a eu tellement de succès que le public s'intéressait plus à lui qu'aux attractions en cours! Si seulement il pouvait le garder, j'applaudirais et je me déciderais peut-être enfin à emmener mes petits-enfants à Disneyland, en signe de reconnaissance!</p>]]></content:encoded>
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