Un débat s'engage sur l'avenir des églises, souvent construites au 19ème siècle, qui n'ont plus ou pratiquement plus d'usage cultuel: restauration, démolition, réutilisation. Sauf cas de péril, je ne suis pas favorable à leur démolition; nous commençons à peine à réhabiliter le patrimoine du 19ème siècle, encore trop mal aimé, et pourtant tout à fait intéressant d'un point de vue historique, esthétique et sociologique. En revanche il faut poser avec force la question de la désaffectation, c'est à dire d'une certaine façon du retour à une fonction ordinaire, des églises dont les paroisses n'ont plus véritablement d'usage. Il serait malsain de se crisper sur une conception dépassée d'une société chrétienne; en tant qu'organisation sociale, politique et culturelle, souvent contraignante, la chrétienté est derrière nous; c'est une des heureuses conquêtes du 18ème siècle, même si je suis de ceux qui n'ont aucun état d'âme, si je puis dire, à prendre en compte l'apport du christianisme à notre identité commune. La restauration des églises incombe de par la loi aux communes; celles-ci ne pourront pas justifier les sommes nécessaires, si elles sont employées à entretenir des édifices sans fonction; il faut donc débattre, au cas par cas, avec les autorités religieuses, d'un autre usage des églises qui n'ont pratiquement plus de fonction cultuelle. Il y a suffisamment de besoins culturels et sociaux à satisfaire, pour que ces édifices retrouvent une utilité sociale, respectueuse de l'esprit des lieux; nos concitoyens accepteront d'autant mieux que les villes et les villages dépensent des sommes parfois considérables pour entretenir les édifices qui restent affectés au culte.