Patrice Beghain

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jeudi 24 janvier 2008

ATTALI, SARKOZY & LES DEPARTEMENTS

Dès la remise du rapport Attali, le Président de la République a fait savoir qu'il ne retenait pas la proposition de suppression des départements. Curieuse façon d'ouvrir le débat et surtout grave erreur, inspirée à l'évidence par des calculs politiciens: la rupture a ses limites! Pourtant l'évidence est là: entre la montée en puissance des régions et l'émergence des intercommunalités, les départements n'ont plus leur place et sont un échelon de trop. Pleinement nécessaires face au nombre de communes, notamment en milieu rural, où le conseiller général jouait le rôle de super maire, les départements doivent s'effacer devant les communautés de communes et les communautés d'agglomération, qui désormais structurent le territoire régional. Quant aux communautés urbaines, elles doivent recevoir sur leur territoire, où vivent des millions de Français, l'ensemble des compétences nécessaires, en particulier celles qui concernent les collèges et la politique sociale. Cette simplification administrative, génératrice d'économies de gestion, serait un facteur supplémentaire de responsabilité et de transparence politique, donc de démocratie. Un peu de courage dans cette affaire, y compris à gauche, ça ne ferait pas de mal!

LES EGLISES DE FRANCE

Un débat s'engage sur l'avenir des églises, souvent construites au 19ème siècle, qui n'ont plus ou pratiquement plus d'usage cultuel: restauration, démolition, réutilisation. Sauf cas de péril, je ne suis pas favorable à leur démolition; nous commençons à peine à réhabiliter le patrimoine du 19ème siècle, encore trop mal aimé, et pourtant tout à fait intéressant d'un point de vue historique, esthétique et sociologique. En revanche il faut poser avec force la question de la désaffectation, c'est à dire d'une certaine façon du retour à une fonction ordinaire, des églises dont les paroisses n'ont plus véritablement d'usage. Il serait malsain de se crisper sur une conception dépassée d'une société chrétienne; en tant qu'organisation sociale, politique et culturelle, souvent contraignante, la chrétienté est derrière nous; c'est une des heureuses conquêtes du 18ème siècle, même si je suis de ceux qui n'ont aucun état d'âme, si je puis dire, à prendre en compte l'apport du christianisme à notre identité commune. La restauration des églises incombe de par la loi aux communes; celles-ci ne pourront pas justifier les sommes nécessaires, si elles sont employées à entretenir des édifices sans fonction; il faut donc débattre, au cas par cas, avec les autorités religieuses, d'un autre usage des églises qui n'ont pratiquement plus de fonction cultuelle. Il y a suffisamment de besoins culturels et sociaux à satisfaire, pour que ces édifices retrouvent une utilité sociale, respectueuse de l'esprit des lieux; nos concitoyens accepteront d'autant mieux que les villes et les villages dépensent des sommes parfois considérables pour entretenir les édifices qui restent affectés au culte.