La querelle des valeurs ou le triomphe du cynisme
Par patrice beghain, lundi 28 mai 2007 à 13:48 :: Politique :: #37 :: rss
Le nouveau premier ministre s'est targué récemment de la victoire remportée par la droite sur la gauche en matière de valeurs; de fait la gauche a un sérieux effort à faire pour redéfinir et faire partager les valeurs autour desquelles susciter et organiser un rassemblement majoritaire; il s'agit bien d'actualiser les principes sur lesquels elle a fondé son combat, dont il convient toujours de rappeler qu'il a rarement été vainqueur en terme électoral, même si les principes de gauche étaient majoritaires dans l'opinion publique. L'historien Michel Winock vient d'ailleurs de publier une tribune tout à fait intéressante à ce sujet, pour rappeler que, si Sarkozy a mis en avant durant sa campagne des personnalités emblématiques de la gauche, c'est parce qu'aucune des figures historiques de la droite ne peut incarner en France un consensus idéologique. La question des principes et des valeurs qui les déclinent en action est donc fondamentale pour les combats à venir. En attendant le comportement du nouveau pouvoir montre qu'en fait de valeurs il ne connaît que le cynisme. On nous parle d'ouverture; on pratique les pressions sur des députés centristes qui ne sont mus que par la crainte de perdre leurs sièges ou sur ce pauvre Christian Philip, qui accepte aujourd'hui tout ce qu'il refusait hier; on utilise le débauchage de quelques hauts fonctionnaires sans doute dépités à l'idée que la défaite des candidats qu'ils soutenaient, Royal et Bayrou, risquent de priver pour longtemps la France du bénéfice de leurs grands talents et surtout de les éloigner des bureaux dorés. Le cas Kouchner est un peu différent, tout à fait classique en revanche dans un pays où les girouettes font partie du décor politique; comment résister à l'appel, quand on a une si haute idée de soi que l'on pense que la France a impérativement besoin de vous! N'empêche que je me demande si c'est la bonne façon de réconcilier nos concitoyens avec l'action publique et la politique; il est vrai que le cynisme de Sarkozy peut donner l'illusion de la recherche du consensus. Au fond la véritable ouverture aurait consisté à appeler Royal ou Bayrou à Matignon ou à souhaiter une victoire de la gauche et du centre aux législatives; en 1988 Mitterrand avait déclaré, après sa réélection, qu'il n'était pas bon qu'un seul parti, en l'occurrence le PS, dispose de tous les pouvoirs! N'en demandons pas tant aux nouveaux maîtres; il leur faut tous les pouvoirs et une majorité renforcée de députés; qu'ils prennent garde, l'histoire politique récente montre que ce comportement n'est pas exempt de risque à plus ou moins brève échéance. En attendant le 10 et le 17 juin je voterai sans hésitation pour mon collègue et ami Pierre-Alain Muet; sur 4 députés à Lyon, il en faut bien un de gauche et de plus un bon, qui a fait la preuve depuis 6 ans qu'il est adjoint et vice-président du Grand-Lyon de ses compétences!
Commentaires
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