Dimanche à Bercy Sarkozy a clairement annoncé la couleur: en arrière toute! Le ciment idéologique est avéré: la haine de mai 68. C'est l'idéologie des néo-conservateurs français, les petits frères de ceux qui ont fourni à Bush l'armature de sa pensée, si j'ose dire! On voit le résultat aux USA, qui s'apprêtent sans doute heureusement à tourner la page. La caricature est au coeur du populisme de Sarkozy, qui est en fait le mépris du peuple; plus c'est gros, plus on pense que ça passera. Comment peut-on prétendre être président de la République et mentir à ce point, attribuer à l'esprit de 68 ainsi diabolisé tous les maux de la France? Et les nouveaux droits sociaux négociés alors par Pompidou, les nouveaux droits des femmes , l'autonomie des universités? Foutaise? Alors il faut le dire! A l'évidence le projet politique du candidat de l'UMP, qui a vidé Le Pen de la moitié de son électorat, vise non à rassembler, mais à couper la France en deux parties, le peuple, ou l'idée que s'en fait Sarkozy, contre les autres, les intellectuels, les artistes, les syndicalistes, la gauche, la moitié des électeurs de Bayrou . Ni Giscard, ni Chirac n'ont jamais fait une campagne sur ces thèmes. Les salariés d'Airbus savent qui sont les amis de Sarkozy; derrière son discours compassionnel, il y a aussi en embuscade tous ceux qui attendent les dividendes de leur soutien au candidat de la droite qui discrédite la politique, y compris certaines valeurs de droite, par ses impostures.